Bonjour

photo1_web.jpgMercredi le 16 Janvier 2008

Bonjour,

Avant hier, j’ai pris deux jours de congé pour visiter des amis israéliens. Je les connais depuis 1974, date de mon premier séjour en Israël/Palestine. A l’époque, j’avais passé 6 mois sur place avec le Service chrétien pour la paix. Ils habitent à environ 20 km de la ville Sderot. Cette ville est régulièrement prise pour cible par les tirs de roquettes artisanales lancées depuis la bande de Gaza.

Comme accompagnateurs oecuméniques, nous nous trouvons plutôt en Cisjordanie. Par ailleurs, la bande de Gaza est actuellement presque totalement fermée. Seuls des représentants de l’ONU, du CICR et de MSF peuvent y entrer.
Je me suis donc rendu avec mes amis dans la ville de Sderot. Cette ville a été fondée en 1951, près de l’endroit où se trouvait le village palestinien de Najd. En 1948, ses habitants se sont réfugiés dans la bande de Gaza et leur village a été rasé. Presque au même endroit, il y avait à cette époque un camp de transit (des tentes) pour les juifs arrivant en Israël et c’est là que se trouve aujourd’hui cette ville.
Les habitants de Sderot viennent en grande partie d’Afrique du Nord, principalement du Maroc, mais aussi du Kurdistan et de Roumanie. Depuis l’arrivée des juifs de l’ex-URSS, la population a presque doublé dans cette région. Aujourd’hui il y a environ 24 000 habitants dont 10 % ont quitté la ville depuis 2005 à cause des tirs d’obus.
En septembre 2005, Israël s’est retirée de la bande de Gaza. Depuis ce moment-là, les tirs ont recommencé. Suite à l’arrivée au pouvoir du Hamas à Gaza et après les heurts interpalestiniens de mai 2007, ces attaques se sont intensifiées. Il y a eu de nombreux blessés et 12 morts depuis 2002. La bande de Gaza se trouve à peine à 1 ou 2 km des premières maisons de la ville.
Le matin, nous nous sommes promenés dans le centre où il y a le marché. A Sderot, on trouve aussi des “abris préfabriqués” où, en cas d’alerte, il reste à chacun entre 30 à 60 secondes, le temps compris entre l’alarme et l’impact de l’obus, pour s’y réfugier. A cette heure-là, il y avait beaucoup de personnes âgées au centre-ville. Pour eux ce n’est souvent pas possible de trouver un abri en si peu de temps, même si l’abri ne se trouve qu’à 200 mètres.
A une vieille dame, j’ai demandé ce qu’elle faisait quand il y avait une alarme. « Je reste là où je suis, a-t-elle répondu. Si Dieu a décidé que c’était le moment de me prendre, alors voilà… » Un monsieur âgé explique que, un jour, en courant il est tombé et que, dans la panique, d’autres personnes lui ont marché dessus. Durant l’après midi, sur le chemin de retour vers Bethlehem, de nouveaux tirs ont fait des blessés.
Vivre cela tous les jours est très difficile pour ces gens. De plus ils se sentent abandonnés par l’Etat d’Israël. Ils veulent que cela se termine. Mais quelle est la solution? Ils disent : « Nous avons libéré la bande de Gaza et ils continuent de nous attaquer! » Ce matin-là, un volontaire équatorien qui travaillait sur les terres d’un kibboutz le long de la frontière, a été tué par de tirs venant de la bande de Gaza. En représailles, l’armée israélienne a lancé plusieurs opérations dans le même secteur tuant plus de 19 Palestiniennes (armés!?).
Voilà un petit aperçu de notre travail qui consiste, entre autres, à écouter, à accompagner les gens et à essayer de comprendre leurs peurs.

Avec mes meilleures salutations.

De Bethlehem,
Rémond

2 réponses

  1. A-t-on des nouvelles de la Bibliothèque et du centre chrétien de Gaza, et des Chrétiens eux-mêmes ?

  2. Médias et désinformation
    Des ONG dénoncent la “crise humanitaire à Gaza”

    par Claire Dana Picard – 6 mars 2008 – a7fr

    Posteur: André | 15 mar 2008 à 22:19 | 612 mots | lu 51 fois | aucun commentaire

    Téléphone rouge pour contacter la rédaction cet article en PDFAjouter un commentaireLire les commentairesFaire un rétrolienLier les commentairesEvaluer cet article envoyer à un ami Alerter les m�dias

    La situation se serait-elle détériorée dans la bande de Gaza depuis qu’Israël a quitté la région ? C’est ce qui semble ressortir du dernier rapport établi par des organisations des “Droits de l’Homme” qui, en dénonçant la “crise humanitaire” à Gaza, laissent entendre malgré elles que les Palestiniens vivaient mieux sous la tutelle israélienne.

    Le Jerusalem Post en anglais indique qu’un collectif regroupant huit organisations des “droits de l’homme” basées en Grande Bretagne a publié un rapport prétendant que “la situation dans la bande de Gaza avait atteint le point le plus critique depuis qu’Israël avait conquis la région en 1967″. Le document précise que “1,1 millions de personnes, c’est-à-dire 80 % des résidents de Gaza, dépendent de l’aide alimentaire alors qu’elles n’étaient “que” 63 % en 2006, le chômage touche 40 % de la population et près de 70 % des 110 000 travailleurs, employés dans le secteur privé, auraient perdu leur emploi”. Le rapport rappelle également qu’Israël est condamné par la communauté internationale en raison de ses opérations contre les terroristes palestiniens de Gaza, suite aux nombreux tirs de roquettes. “Israël a le droit et le devoir de défendre ses citoyens”, a tout de même admis la directrice d’Amnesty international au Royaume-Uni, Kate Allen, dont l’organisation fait partie du collectif. “Mais en tant que “pouvoir d’occupation” à Gaza (?), il a également le devoir légal de permettre aux résidents d’avoir accès à la nourriture, à l’eau potable, à l’électricité et à des soins médicaux”. Elle a en outre estimé qu’il ne fallait pas “punir toute une population en lui refusant ses droits élémentaires”.

    Le rapport, sponsorisé par un certains nombre d’organisations basées au Royaume Uni, a adressé un appel au gouvernement britannique, lui demandant d’exercer des pressions sur Israël et de modifier sa politique à son égard étant donné qu’il refusait de négocier avec les dirigeants de Gaza. Le ministère de la Défense israélien a rejeté toutes ces accusations en rappelant que la direction du Hamas était seule responsable de la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza.

    Le porte-parole du ministère, le major Peter Lerner, a précisé : “Le principal responsable des événements à Gaza, depuis le retrait de Tsahal et le démantèlement des implantations, est l’organisation du Hamas et c’est à elle qu’il faut adresser toutes les plaintes”. En outre, il a souligné qu’aucune restriction n’était imposée dans l’acheminement de médicaments et d’équipements médicaux qui arrivaient régulièrement dans la bande de Gaza. Un observateur des organisations non gouvernementales, basé à Jérusalem, a réagi aux attaques de ces dernières contre les opérations israéliennes, en leur demandant de cesser d’exploiter à des fins politiques le Droit international. Il a notamment cité un communiqué de presse d’Amnesty dans lequel l’organisation accusait Israël de “riposter aux attaques en faisant preuve d’une indifférence répréhensible face aux pertes civiles”. Gerald Steinberg, professeur à l’université de Bar Ilan et directeur de l’organe surveillant les ONG, a déclaré : “Les organisations non gouvernementales et les groupes défendant les droits de l’Homme doivent mettre un terme à leur exploitation irresponsable et immorale de la rhétorique légale”. Et d’ajouter: “Amnesty International et le mouvement des Droits de l’Homme tournent en dérision le droit international en faisant des déclarations fausses parlant de la force disproportionnée d’Israël et en dénonçant les punitions collectives”.

    blogdei

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