Qui est-ce qui ne connaît pas l’histoire du bon samaritain (Luc 10, 27-37) ? Quasi personne ! Qui sait que cette communauté a survécu jusqu’à aujourd’hui ? Sûrement peu de monde !
J’étais dans la région de Naplouse pour visiter et accompagner une autre équipe de nos volontaires du Programme oecuménique d’accompagnement en Palestine et Israël (EAPPI), qui vivent à Yanoun. Avec Christopher, un médecin retraité de Londres (il est propriétaire de deux anciens bus londoniens à deux étages), nous avons décidé de visiter la communauté des Samaritains et de nous rendre à Kyriat Luza.
Accès interdit aux Palestiniens !
Après un trajet d’environ deux kilomètres depuis le centre de Naplouse, le taxi s’arrête devant un check-point. Il n’a pas le droit de continuer sur cette route. L’accès est interdit aux Palestiniens. Sauf dérogation, ces routes sont réservées aux colons et aux touristes. Aux touristes? Qui veut encore se promener dans les territoires occupés et attendre inutilement aux check-points ? Qui veut encore contourner les colonies sur des routes plus longues? En fait il y a encore quelques touristes alternatifs qui soutiennent de cette façon la population palestinienne. Il y a même un bureau du tourisme alternatif (www.atg.ps) ici à Beit Sahour, un village jouxtant Bethléem. Vous avez envie de faire un voyage un peu spécial ? Vous êtes le bienvenu et les Palestiniens sont très accueillants. Ils ont toujours du temps pour un thé ou un café. Essayez, vous aimerez !
Kyriat Luza, le centre de vie des Samaritains
Sans chauffeur… et donc sans taxi ! nous passons à pied le check-point. Il est surveillé par 3 jeunes soldats qui ont 3 ans de service à accomplir entre 18 et 21 ans. Visiblement, ils s’ennuient ici. Après un coup d’oeil dans nos passeports, ils nous laissent passer sans problèmes.

Deux cents mètres plus loin, voilà le village de Kyriat Luza. Avant l’installation des colonies, c’était un endroit assez fréquenté. Maintenant c’est presque vide. Dans le restaurant du « Bon Samaritain », il n’y a aucun client. Au supermarché, il y a deux hommes qui discutent et dans un autre petit magasin nous sommes les deux seuls clients. Quelques enfants jouent dans la rue principale où il y a très peu de circulation.
Dans le petit musée samaritain, il y a un groupe d’étudiants de l’Université de Tel Aviv. Le directeur et fondateur de ce musée, Husney W. Kohen, nous guide avec beaucoup d’enthousiasme à travers l’histoire de son peuple. A la question de l’origine des Samaritains, il explique que leur arbre généalogique, à travers les différentes branches, remonte jusqu’à Adam. Etonnant!

Une communauté forte de 700 membres
La communauté compte actuellement environ 700 membres. La moitié habite ici près du mont Garizim et l’autre à Holon, un faubourg de Tel Aviv. En 1971, la disparition n’était pas loin puisqu’on dénombrait environ 170 samaritains (Vous trouverez plus d’information sur le site :
www.samaritans-mu.com. Il n’est disponible qu’en anglais !).
Ensuite, nous explorons seuls les environs du mont Garizim, un endroit saint pour les Samaritains.

Depuis ce point haut, la vue est généralement splendide. On peut apercevoir la mer. Aujourd’hui, on se dirait plutôt dans les Alpes, avec des nuages et beaucoup de vent. Quand je dit « on », ce n’est pas tout le monde ! Les Palestiniens ne sont pas concernés ! Pour eux, beaucoup d’endroits, surtout sur les collines, ne sont plus accessibles ! Sur presque tous ces points hauts sont installées des colonies, comme s’il y avait là une stratégie militaire pour mieux surveiller la région !
Nous prenons un des 5 taxis qui a accès au mont Garizim pour redescendre à Naplouse. Ensuite le chemin le plus court pour rentrer à Yanoun fait 15 kilomètres. Maintenant avec toutes les colonies et les routes spéciales qui ont été construites pour les desservir ainsi qu’avec les routes interdites, nous sommes obligés de faire plus de 30 km pour gagner Yanoun. De plus, il faut encore passer un autre check-point… à pied !
C’est une bonne façon pour que les personnes qui se déplacent un minimum, ratent leur cours à l’uni. C’est aussi une manière de ralentir l’économie, de détruire la nature…
Je ne suis pas Palestinien, mais je ne pense pas que j’aurais leur patience de toujours et encore m’adapter à ces nouvelles chicanes. Pour eux, passer un check-point sans problème avec un minimum de perte de temps, c’est déjà un bon point dans une journée !
Rémond Graf
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